Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Réflexion sur le contrat social et la démocratie

    PRECEDENT ACCUEIL

    Serment du jeu de paume bis.jpgLa démocratie en crise. Depuis plusieurs décennies, les démocraties occidentales traversent une période de doute et de remise en question. Abstention électorale, montée des populismes, méfiance envers les institutions et sentiment d’impuissance politique : autant de symptômes d’une crise profonde du modèle représentatif. Les récents rapports 2025 de l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA) sur l’état de la démocratie dans le monde notent un recul global de la démocratie[1]. En 2024, 94 pays (soit 54 % des pays évalués) ont enregistré une détérioration d’au moins un facteur clé de performance démocratique sur les cinq années précédentes, tandis que seulement 55 pays (≈ 32 %) ont progressé.  Le recul s’inscrit désormais dans une série : plusieurs années consécutives où le nombre de pays en recul dépasse celui des pays en progrès.  Même les démocraties « établies » ne sont plus épargnées : les institutions, les normes et les garanties démocratiques — auparavant supposées stables — montrent des signes d’érosion. Bien que le recul soit global, certaines régions sont plus affectées que d’autres. Par exemple, l’Europe est mentionnée pour un nombre élevé de pays en recul notamment pour l’État de droit.  L’État de droit (Rule of Law) est le pilier qui affiche la performance la plus faible. En 2024, 71 pays (≈ 41 %) étaient classés à faible performance pour l’État de droit.  Le recul de la démocratie dans des pays influents (par exemple les États-Unis) a des effets d’entraînement sur les normes internationales et encourage des modèles de gouvernance plus autoritaires. Fait inquiétant : la polarisation et la désinformation sont des menaces transversales dans toutes les régions. De son côté le rapport annuel 2024 du PNUD souligne un paradoxe démocratique : les citoyens continuent à valoriser la démocratie comme système, mais beaucoup expriment aussi un soutien à des formes de leadership plus fortes, voire autoritaires, ce qui montre une fragilité sous-jacente du consentement démocratique.

    Par Camille GROUSSELAS

    Lire la suite