Cette question pourrait paraitre surprenante, en première intention, surtout si l’on se rapporte aux considérations historiques sous-jacentes.
En effet, la Nation, dans notre Pays, trouve son fondement politique et juridique originel dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen d’Août 1789 qui constitue la composante essentielle du préambule de notre actuelle constitution républicaine, c’est-à-dire son contenu le plus sacré.
Celle-ci contient la formule suivante : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. »[1]
Ce principe annonce la monarchie constitutionnelle, alors en train de remplacer la monarchie absolue, mais surtout la République, proclamée le 22 Septembre 1792.
Les concepts révolutionnaires de Citoyens et de Nation rompent donc totalement avec ceux d’ancien régimes qu’ils remplacent : Les sujets et le royaume.
Parole, Mot, Connaissance et Vérité
Quel est le sens du mot « égalité » qui est au centre de la devise de la République ?
Les Lumières évoquent un idéal qui s’est construit au fil du temps, s’appuyant pour partie sur ce que les générations successives projetaient sur ce mouvement à dimension européenne. La force et l’importance en termes de valeurs de cet héritage sont telles que Philippe Sollers, dans un article écrit pour Le Nouvel Observateur en 2006 réclame : « Rallumez les Lumières » ; que la chaîne Arte propose une série de documentaires intitulée : « Les Lumières au XXIème siècle », moment où semblent menacés progrès, prééminence de la raison, et droits de l’homme. Le projet encyclopédique de Diderot et d’Alembert semble représentatif de l’esprit des Lumières. Il s’inscrit dans l’effervescence du siècle, dans l’héritage humaniste à vouloir mettre l’homme à nouveau au cœur de la réflexion(1), qui doit rechercher le bonheur sur terre, et non dans un hypothétique salut.